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Un pas de danse

CouvJe viens juste de le terminer… c’est le privilège de l’exil à la campagne : je ne suis pas tenu de lire uniquement le soir ! Je viens donc de terminer le dernier Henning Mankell, Le retour du Professeur de danse.

Mankell est un auteur suédois de roman policier, un des précurseurs de cette vague du polar scandinave. Une grande partie de son œuvre était alors consacrée à un héros : le commissaire Kurt Wallander, vivant dans le sud de la Suède à Ystad, non loin de Malmö. Au fil des intrigues, en trame de fond, la vie, la tragédie (en tant que spectacle des passions), de cet anti-héros, nous est dévoilée… Le lecteur s’attache, une véritable empathie s’installe entre Wallander, ses problèmes de santé, de cœur et familiaux et lui derrière les pages imprimées.

Alors, le pari n’était pas facile… Kurt approchait de la retraite, il fallait un autre personnage. Un livre de transition, Avant le Gel, où la fille de Wallander mène l’enquête, et lui est relégué en trame de fond. L’intérêt pour le lecteur était de garder ses points de repères géographiques, des personnages secondaires déjà connu… Mais je dois être franc, ce livre m’avait laissé un peu sur ma fin.

Changement radical… direction plus au nord de la Suède, un nouveau héros trentenaire… et donc un pas de danse risqué… Mais tellement réussi. Un livre haletant, autant que peu l’être un polar scandinave, un univers froid et sombre, un héros jeune et déjà meurtri comme on les aime. Une intrigue pleine de rebondissement, où Mankell dénonce le néo-nazisme qui perdure dans notre vieille Europe, et toujours beaucoup de finesse dans le texte grâce à la traduction d’Anna Gibson.

Mankell est un auteur complet et brillant, et je ne résiste pas à vous livrer ici le texte de sa postface, une sorte de manifeste de son œuvre et surtout des idées qu’il distille.
« Ceci est un roman. Je ne décris pas les événements et les milieux tels qu’ils sont, ou ont été, dans la réalité. Je m’autorise certaines libertés. Par exemple celle de déplacer des carrefours, de repeindre des maisons et surtout d’inventer des enchaînements fictifs là où c’est nécessaire. La même chose vaut pour les personnages. Ainsi, je ne crois pas qu’il existe à Ostersund un policier prénommé Giuseppe. Personne n’a donc lieu de se sentir visé. Toute ressemblance avec des personnes réelles ne peut cependant être totalement évité. Il s’agit dans ce cas de pures coïncidences.
Mais le soleil, début novembre dans le Härjedalen, se lève bien autour de huit heures moins le quart. On retrouve donc, au milieu de la fiction, un certain nombre de vérités indubitables.
Ce qui était évidemment mon intention. »

Comprenez : je ne vise personne, mais oui les réseaux néo-nazis existent en Suède et ailleurs!

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Commentaires (1)

Lola:

wow! heu... merci pour cette critique completement necessaire. Hier encore je me demandais que lire?...Sinon heu... Ca va?

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Cette page contient une note postée sur on mai 25, 2006 2:18 PM.

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