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Arnaque à la française

Ce n’est pas la suite de braquage à l’italienne, mais un sentiment de déjà vu… ou tout du moins d’une phrase de comptoir entendue depuis des années : « En France on a des idées, mais pour la réalisation… ». Ce propos lambda, proche du ridicule semble pourtant s’adapter très bien à l’histoire de l’Airbus A380… Et pourtant, c’était une belle histoire, le plus gros avion du monde, à la taille de l’ego français.
Rappelez-vous l’année dernière encore, congratulons-nous, tapons-nous sur la bedaine, druckerisons ce fleuron de l’industrie aéronautique franco-européenne.
Et puis, crash… 6 mois de retard, un pdg qui part en faisant un confortable bénéfice, un nouveau mis en place… 1 an de retard… Catastrophe aérienne !

Mais que s’est-il passé ? Les experts expliquent le phénomène : la chaîne de gouvernance (mot très en vogue depuis feu Raffarin). Il paraît que comme personne ne voulait décevoir personne, dans cette fameuse chaîne, chacun aurait commis un petit mensonge à son niveau, conduisant à une énorme fable et des délais intenables.

Pour illustrer ce propos prenons un exemple (il vient de ma tendre moitié). Vous êtes chef de produit d’une filiale d’un gros groupe français. Votre patron vous demande, début septembre à quelle date le projet/produit X sera-t-il prêt ? Après une mûre réflexion, prenant en compte les capacités de vos équipes et de vos prestataires, vous lui faites un tout petit mensonge en lui disant fin Octobre. Cela vous semble court, mais en mettant la pression et en travaillant d’arrache pied, vous pensez raisonnablement pouvoir tenir ce délai. Il vous regarde interloqué et s’exclame il faut que ça soit prêt fin septembre ! Vous essayer de lui faire comprendre que c’est impossible, mais le butor s’entête et maintien SON délai. Oui, parce que lui-même à un propre patron, celui des filiales, qui lui a laissé entendre qu’il serait bon que le produit soit prêt fin septembre. Ce pdg des filiales ne fait que transmettre la « vision » du big boss, l’homme au plein pouvoir, le décideur en chef.
Tout le monde veut faire plaisir à tout le monde…

Mais on oublie ici deux choses :
1/ Qu’on ne nous fasse pas croire que le big boss n’est pas conscient des délais réels pour le lancement dudit produit. Ou bien, c’est un fantoche, un âne qui n’a pas sa place à la tête de ce groupe prestigieux… ni aux nombreux zéros présents sur sa feuille de salaire.

2/ Le chaînon manquant, ou plutôt la tête de la pyramide. Le grand patron, le capitaine du bateau… n’est pas le maître à bord. Car ce groupe à des actionnaires, des gens très importants qui ont investi beaucoup d’argent dans ce produit… et qui aimerait bien avoir rapidement un retour sur investissement. C’est d’ailleurs au cours d’un agréable déjeuner avec le pdg du groupe, qu’ils n’ont pas suggéré, mais bien affirmé que le produit devrait être prêt à fin septembre, car c’est exactement à ce moment qu’ils réaliseront la plus grosse plus value. Le grand patron ne peut pas les décevoir, ils lui, comme on dit, fait une offre qu’il ne peut pas refuser !

Bref, trêve de bataille contre le grand capital… Ce matin en me levant j’ai juste une pensée pour les ouvriers français (et allemands par extension européenne) qu’on nous montrait il y a un an à la télé lors du vol inaugural… Ils étaient félicités, et surtout fiers d’avoir participer à la construction du plus gros avion du monde… Fiers de leur travail d'ouvrier !

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Cette page contient une note postée sur on octobre 5, 2006 9:21 AM.

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